Qui n’a jamais remarqué la différence flagrante de forme physique entre les joueurs et le type en noir (ou rouge, ou jaune fluo) censé leur courir après ? Or il est largement reconnu que la forme physique d’un arbitre aura une grande importance, ne serait-ce que pour son placement ou sa lucidité au moment de la décision. D’ailleurs pour s’en convaincre il suffit de constater que les anciens arbitres font beaucoup moins d’erreurs depuis qu’ils sont consultants au chaud dans un studio. La solution radicale consisterait à supprimer les arbitres du terrain, les loger en tribunes et leur confier le micro du stade à partir duquel ils dirigeraient les acteurs. Mais alors sur qui les joueurs passeraient-ils leurs nerfs ? Non c’est définitivement infaisable. Les mauvaises langues vont diront qu’ils ne seraient sans doute pas plus mauvais en arbitrant depuis leur canapé chez eux, je ne m’aventurerai pas à de tels propos. Je pense que je peux faire pire.
Un bon arbitre est un arbitre mort, j’en veux pour preuve que personne n’a jamais vu un arbitre mort siffler un hors-jeu ou un penalty imaginaire, personne n’a jamais vu un arbitre mort siffler quoi que ce soit d’ailleurs. Un sorte d’évolution de l’arbitrage à l’anglaise. Mais avant que vous n’alliez trucider nos hommes en jaune fluo, je tiens à signaler que l’arbitrage s’est seulement contenté de se hisser (ou plutôt s’affaler) au niveau du football pratiqué, au moins en France…
L’arbitrage est bien une des rares fonctions où l’on peut réparer une erreur en en faisant une autre. Vous avez une fuite d’eau à l’étage ? Appelez le plombier Piccirillo qui vous fera une belle deuxième petite fuite d’eau à l’étage, vous ne vous rappellerez même plus de la première. Non, plutôt que de se moquer d’eux, nous devrions plutôt les aider. Les faire chevaucher des mini-motos pendant les matches ? Oui pourquoi pas, mais un peu risqué pour un OM-PSG au vu de la présence policière. L’utilisation de la vidéo ? Fred Godard mettrait une heure à peaufiner ses effets spéciaux pour l’arbitre, et en plus à part la position de hors-jeu de la lune par rapport au poteau de corner, pas sûr qu’on puisse en tirer grand-chose.
D’autres préconisent l’utilisation de la puce dans le ballon. Mais pourquoi mettre une puce dans un ballon quand on peut la mettre directement dans la tête d’un arbitre, ainsi recréer l’homme qui valait 3 milliards et lui filer un sifflet. Evidemment pour certains sujets il serait préférable de prévoir une greffe d’encéphale pour que la puce électronique ne reste pas en apesanteur. Voire même un corps entier pour d’autres parce que Nelly Viennot en Super Jaimie, ça le fait moyen. On pourra aussi rétorquer qu’on a déjà « l’homme qui valait 600 millions et qui risque d’en valoir plus que 300 » en la personne de Maître Thiriez et que si le niveau de la L1 continue de descendre, c’est par Maître Vergès – l’avocat des causes désespérées - qu’il faudra le remplacer. Steve Austin est donc une solution un peu onéreuse. D’autant que la solution de l’argent a déjà été tentée il y a quelques années avec l’augmentation des salaires de nos amis arbitres dans des proportions sarkozyesques. On sait ce qu’il en advint.
La question du dopage.
Elle se pose, non pas pour les joueurs - tout le monde sait que les joueurs de foot sont clairs comme l’eau d’Alain Roche - mais pour les arbitres. En effet, si la pratique du dopage est bel
et bien interdite pour les sportifs professionnels, les arbitres ne sont pas soumis à ce genre de contraintes, n’étant pas professionnels et pas tellement sportifs non plus. C’est pourquoi la
généralisation du dopage chez les arbitres serait une solution, mais un dopage contrôlé, à doses homéopathiques. Le premier qu’on chope « clean » serait suspendu deux ans. Peut-être
qu’avec une cure d’amphétamines ou de stéroïdes, un arbitre pourrait éventuellement envisager de courir aussi vite que les gaillards qu’il est censé surveiller. On n’a jamais vu un arbitre
devenir joueur professionnel, non Jérôme Kerviel ça ne compte pas.
Il semble qu’il n’y ait donc pas de solutions miracles au « problème » de l’arbitrage, si tant est qu’on puisse dire qu’il y ait problème à partir du moment où on a choisi de le faire appliquer par des êtres humains, par définitions imparfaits. Mais allez faire comprendre ça à un supporter, un journaliste je ne vous en parle même pas…