Un match Sedan – Nantes évoque forcément quelques rencontres épiques comme cette finale de coupe de France 1999 ou quelques duels insipides dans diverses autres coupes, les plus téméraires se souviendront que l’an dernier – en ligue 1 – Sedan l’emportait 1-0, Fabien Barthez encaissant magnifiquement un centre de Ducourtioux…
Un an plus tard, Nantes est en course pour la montée, Sedan est à la lutte pour le ventre mou de L2, tandis que Nantes s’est rebâti une équipe, celle de Sedan est pour moitié composée de joueurs prêtés par des clubs de L1. M. Ledentu (arbitre fustigé lors de Metz-Valenciennes), étant finalement en RTT c’est M. Duhamel qui le remplace au pied levé (et au drapeau un peu trop levé aussi). La défense nantaise est composée de quatre défenseurs centraux dont deux sur les côtés, Guillon et Das Neves ayant perdu le tirage au sort, c’est eux qui évolueront en latéraux. Le milieu est composé de trois défensifs : Shereni, Faty et De Freitas et deux ailiers gauches (Capoue et Babovic) dont un à droite. Babovic [Attention Spoiler] se blessera peu avant la mi-temps. [Fin du spoiler]. Goussé évoluera seul en pointe. L’entraîneur du FC Nantes est toujours Michel Der Zakarian, au cas où vous vous poseriez la question, même si la composition d’équipe laissait présager que… enfin bref.
Un rond point à Sedan. Comment voulez-vous jouer la montée avec un rond-point pareil.
Dès la deuxième minute, les sedannais se mettent en évidence par un type qui foire complètement son retourné acrobatique (2’), un autre qui frappe à côté des buts de N’Dy Assembe (ah oui j’vous ai pas dit). Les nantais sont les deuxièmes et avant-derniers à se mettre en évidence par un drop d’Aurélien Capoue à la 8ème minute. Deux minutes plus tard, le même Capoue centre du droit sur l’arrière de la barre transversale, encore deux minutes de plus et c’est Babovic qui frappe à côté. On est rendu à la 12ème minute pour les nuls en maths. Trois minutes plus tard – ‘tain va être long ce résumé – c’est Guy-Ro qui se met en évidence (ouais c’est la journée des mises en évidence alors me faîtes pas chier) sur une tête sedannaise consécutive à un corner. 22ème minute, Loïc Guillon se troue lamentablement sur un duel et envoie directement le joueur sedannais enrouler une frappe qui eût vite fait de friser la moustache de Der Zakarian s’il jamais il avait eût la drôle d’idée d’en porter une. La première période s’achève avec une bonne frappe de Bonnet que le gardien nantais a la bonne inspiration de repousser hors des limites. La première mi-temps ne s’achève pas tout à fait en fait puisque Babovic « blessé » se voit remplacer par Moullec, poste pour poste. La première mi-temps se termine donc… ah non Goussé fait du zèle et trouve le moyen de se planter dans un face à face avec le gardien des sangliers. Cette fois-ci c’est bel et bien la mi-temps sur le score nul et non avenu de 0-0.
La 206 Sedan
La deuxième mi-temps reprend à la 8ème minute du résumé. Dès la 50ème minute (pas du résumé, du match, sinon c’est un sacré résumé), les ardennais sont à un pied (celui de
Poulard) d’ouvrir le score. Suite à une belle combinaison et une frappe sedannaise repoussée sur Nimani qui voit le pied poulardien s’interposer de manière péremptoire sur sa frappe. A noter que
l’arrêt de N’Dy Assembe peut être qualifié de « énième bévue » selon la jurisprudence Mickaël Landreau. Quant à celui de Poulard, il peut être qualifié de « gros coup de bol »
selon les mêmes journalistes. A la 51ème minute, Shereni place une superbe frappe hors de portée du gardien, du but aussi malheureusement, mais peut-être pas d’un type qui se trouvait
au rang W de la tribune adjacente. C’est donc à la 57ème minute que Goussé laisse sa place au Filip Djordjevic, le joker habituel. 5 minutes après son entrée il est repris de justesse
par un défenseur sedannais alors qu’il s’approchait dangereusement du but. « Dangereusement » c’était juste pour dire qu’il allait vite en fait. Sur le corner, le premier centre est
repoussé par la défense, Moullec aura donc une seconde chance qu’il expédie vers le deuxième poteau sur la tête de Shereni qui remet au centre, Djordjevic n’a plus qu’à ajuster sa tête dans le
but vide. Enfin il est plus vide maintenant qu’il y a mis un ballon. Sedan 0 – Nantes 1.
Le Djibril Cissé
Sedannais, enfin sans la casquette, les tatouages, le rap, la coiffure, les fringues et la frappe de balle.
Les sangliers s’illustreront encore par quelques frappes lointaines qui ébranleront à peine la vigilance de Guy Rolland N’Dy Assembe. Note pour plus tard : penser à lui trouver un surnom à
lui parce que c’est vraiment trop long à écrire. Note pour plus tard : arrêter d’écrire les notes pour plus tard en plein milieu des résumés de matches. Les
sedannais poussent en fin de partie et c’est Lucau, d’un bon pointu croisé qui remet les deux équipes à égalité, les pendules à l’heure et le bouchon sur le pinard (85ème). Les
supporters exultent. Vous marrez pas j’essaye de vous retranscrire l’ambiance des tribunes, à la fois incommensurable et indescriptible, quoique pas tellement en fait c’est juste des types
fringués en vert et rouge qui sautent comme des débiles dans tous les sens. Les sedannais continuent de pousser, du moins ceux qui sont sur le terrain, Der Zakarian tente de mettre à mal le
processus de digestion ardennais en faisant rentrer Mareval à la place de Capoue. Vers la 87ème minute, un centre sedannais (vous avez fini par remarquer que je
connais pas vraiment les noms des joueurs sedannais ?) sur la tête d’un sedannais (un autre, forcément) mais celui-ci, bas du front, place le cuir dans le kop vert et rouge. C’était le but
du KO, tant pis pour eux, y en aura plus pour les autres. Sur une contre-attaque à la 91ème, Remy Mareval se défait d’un adversaire (un sedannais, j’ai pas changé de match) et lance Djordjevic
dans la profondeur, celui-ci se retrouve seul, il fixe Regnault avec ses yeux les plus méchants avant de loger une bonne frappe sur sa gauche. Le sort en est jeté, la boucle est bouclée, c’était
écrit, le FC Nantes remporte, non pas brillamment mais plutôt chanceusement un match à l’énergie. J’ai envie de terminer sur un peu de poésie : la route de la montée est peuplée
d’inextricables embûches, encore faut-il gagner des matches.