Ca aurait pu être le derby de la Dordogne si Nantes avait été un peu moins loin de la Dordogne, finalement c’est le derby de rien du tout, juste un match tout pourri de ligue 2, comme tous les week-ends. Libourne pour Bordeaux, c’est l’équivalent de Carquefou pour Nantes, ils récupèrent tous les joueurs laissés libres par le centre de formation voisin. C’est même à ça qu’on juge la qualité d’un centre de formation, ou la clairvoyance de ceux qui le dirigent, bientôt ce seront les joueurs laissés par Libourne qui viendront renforcer les girondins de Bordeaux.
Du côté nantais, N’Dy Assembe reste dans les buts (un peu trop même d’ailleurs), Mareval retrouve son côté gauche que Guillon avait subtilisé provisoirement à Sedan. Le milieu est composé de Moullec, Shereni, De Freitas et Capoue, de droite à gauche et aussi par ordre croissant de performance sur le terrain. En attaque, Goussé est associé au buteur providentiel, celui qui fait déjà passer Chritian Larièpe pour un demi-dieu auprès des journalistes de foot-mercato, j’ai nommé Filip Djordjevic. Du côté libourno-saint-serinois, Claudiu Keseru est entouré par 10 autres types avec des maillots semblables au sien : blancs comme mes fesses.
Les girondins donnent le coup d’envoi mais ce sont les nantais qui mettent la pression d’entrée, Harlington Shereni étant à la pompe sur coup-franc dès la 3ème minute mais sa frappe est trop enlevée… par le mur. Celui-ci retente sa chance de 30 mètres à la 14ème minute mais la frappe s’est enlevée d’elle-même cette fois-ci. Heureusement l’animation dans les tribunes est plus intéressante, un type bourré affublé d’un maillot de Jean-Jacques Pierre fût même l’attraction de la soirée : un jeu de jambes rappelant des airs de salsa, une amicalité un poil envahissante pour certaines demoiselles, malheureusement sa vivacité s’affaissait au même rythme que l’entrebâillement de ses paupières. Nous fûmes bien obligés de nous rabattre sur le terrain pour ce qui est de l’animation, beaucoup moins drôle, forcément. Surtout que c’est pas les joueurs qui auraient l’idée de balancer le programme entier s’ils n’arrivaient pas à en faire des confettis.
Finalement ce seront les libourno-saint-ser blancs qui sortiront le stade de sa torpeur, une belle action de Jean-Louis Moura bien déviée par Keseru qui s’excuse aussitôt auprès de la tribune loire d’avoir ouvert le score. La tribune entière applaudit son chouchou, un truc réellement bizarre à vivre, et le match de se poursuivre comme si de rien n’était. Avec peut-être une légère démangeaisons au niveau de l'anus. Les nantais tentent de réagir peu avant la demi-heure de jeu par Goussé puis Capoue et c’est finalement sur un bon centre en retrait de Mareval que le métronome De Freitas remet les pendules à l’heure et le score à un partout, sans compter les points sur les i, l’est pas assez grand pour les barres sur les T. L’égalisation est sans doute plus imputable à la faiblesse de l’adversaire qu’à une quelconque volonté de produire du jeu, vu la quantité de déchets techniques produits, on se demanderait presque si Kita n’a pas racheté le club pour mieux le revendre à Veolia environnement. Le score restera nul jusqu’à la pause bien méritée (pour les spectateurs).
A la mi-temps, Loïc Guillon fait le con sur le terrain déguisé en paquet de chips, c’était sans compter sur l’œil avisé des 21 000 personnes qui ont de suite reconnu la démarche chaloupée caractéristique du défenseur nantais.
Goussé et Djordjevic donnent le coup d’envoi de la seconde mi-temps. Des changements ? Non Djordjevic il était déjà là au coup d’envoi, on l’a pas vu parce qu’il faisait ses trucs de buteurs : peser sur la défense et plein d’autres conneries du genre. Cette mi-temps-ci repart sur les mêmes bases insipides, aux passes ratées succèdent les passes manquées voire foirées. Keseru trouve l’extérieur du poteau nantais sur un coup franc et c’est finalement Moura d’une frappe en deux temps trois mouvements qui redonnera l’avantage aux blancs. 60ème minute : les nantais vont désormais pouvoir enfin se mettre la machine en route, le starter ne sera autre que Stefan Babovic, sorti du banc pour suppléer un Das Neves à la ramasse. Faty remplacera aussi Shereni, Bagayoko lui, Goussé sorti suite à un choc à la couille gauche. Des lors on a droit à un exercice d’attaque défense : aux offensives nantaises répondent les blessures diplomatiques, les libournais ressentant les coups plus violemment depuis ce deuxième but. Il faudra étudier un jour l'impact du menage au score sur le ressenti de la douleur. Et c’est finalement à la 89ème minute, alors que les brancardiers ont parcouru autant de kilomètres que les joueurs, que Filip « Zorro » Djordjevic égalise d’une bonne frappe qui prend ce sournois de gardien libournais à contre-pied. La beaujoire exulte, c’est le moment que choisit Bagayoko pour traiter courtoisement l’arbitre d’ « enculé » et ainsi se faire expulser. « Prem’s » dira-t-il en ouvrant la porte des vestiaires. La frappe de Moullec à la 91ème ne changera rien au score, qui est de 2-2 je le rappelle pour ceux qui se seraient endormis au cours de ce long et fastidieux paragraphe.
Le plus inquiétant n’est jamais le score cette année au FC Nantes mais toujours la manière, comment concevoir de se faire presser à domicile par une équipe classée 19ème en ligue 2, fusse-t’elle orange. C’est tout le paradoxe d’une équipe nantaise qui serait capable de se faire siffler chez elle, même un soir de victoire. Quant à la ligue 1, je laisse le soin aux autres de s’y projeter sinon je ne vais pas dormir de la nuit moi. Et l’ami Bagayoko en attendant, il risque la perpétuité pour propos racistes après avoir ambitionner sodomiser un homme en noir.