Alors que le souffle de la L1 se fait sentir sur la beaujoire, il s’agissait pour le FCN de mettre un vent à Grenoble, toujours en lutte pour la montée, à une portée de fusil (à lunettes) des 3 ténors de ce championnat d’une palpitance incroyablement hallucinante.
A noter qu’au coup d’envoi c’est du côté de Grenoble qu’il faut chercher pour trouver le moindre joueur formé à la jonelière en la personne de Milos Dimitrijevic, transféré l’été dernier au club isérois. Côté Nantais Olivier Thomas retrouve sa place de latéral droit, Kevin Das Neves étant privé de sortie temporairement suite à une saute d’humeur. Guillaume Moullec et Stefan Babovic animeront les ailes et tenteront de fournir Djordjevic et Goussé en pointe. Si vous demandez à Der Zakarian des explications sur la composition, il y a de grandes chances qu’il vous envoie voir à l’infirmerie s’il y est. Ce match se déroule devant presque 17000 supporters transis sans doute plus par le froid que par le spectacle proposé.

Le coup d’envoi est donné par Philippe Candeloro, non je déconne, il n’a pas pu se libérer, il est donc donné par les nantais qui enchaînent directement avec la plus belle phase de jeu du match, pas moins de 7 passes consécutives, le ballon virevoltant de Thomas jusqu’à Mareval pour finalement…. Ah ben le résumé est passé directement à la 6ème minute donc on ne saura jamais comment ça s’est terminé. 6ème minute donc, puisque Mossieu le réalisateur du résumé n’est visiblement pas un adepte du beau jeu, les grenoblois expédient un long ballon vers l’avant mais Olivier Thomas intercepte le courrier pour l’envoyer poste restante en corner. Un corner qui ne donnera sans doute rien puisque le résumé passe à la 8ème minute, une minute qui verra Shereni – dit le « Gattuso Zimbabwéen » – envoyer une frappe dont il a le secret dans une tribune Loire qui lui avait pourtant rien fait du tout. La minute suivante c’est Dja Djedje qui, outre un nom rigolo, possède également une bonne frappe de balle qui effleure la transversale de Tony-le-tigre-est-en-toi Heurtebis. Babovic s’essaye au coup-franc quelques minutes plus tard mais n’est pas Claudiu Keseru qui veut…
C’est à la 24ème minute que le score fût ouvert, Shereni dérogeant à ses habitudes pour se servir de sa tête et propulser un corner de Moullec au fond du but Grenobloisien, gardé par un Gregory Wimbee visiblement toujours meilleur pour les marquer que pour les arrêter. La tactique d’attaque des grenoblois semble empruntée aux New England Patriots, elle consiste à lancer le ballon loin devant, les attaquants-receveurs n’ayant plus qu’à venir s’empaler sur la défense adverse pour obtenir un coup franc. Malheureusement Dimitrijevic n’est pas Tom Brady et les attaquants grenoblois sont sans doute aussi adroits avec leurs pieds que les receveurs de l’équipe Bostonienne avec les leurs. Feghouli trouvera tout de même le haut de la transversale nantaise peu avant la mi-temps, une mi-temps où la médiocrité technique rivalisait bien souvent d’audace avec l’insignifiance du jeu.

A la reprise c’est Aurelien Capoue qui fait son entrée sous les vivas de la foule pour suppléer Djordjevic, victime d’une grosse semelle, tellement invisible durant cette première période qu’il s’est fait marcher dessus le pauvre. L’entraineur grenoblois doit se féliciter que le prix du déchet technique ne soit pas indexé sur le cours du pétrole sinon il va devoir un paquet d’argent à Frédéric Thiriez. La deuxième période est partie sur les mêmes bases inconsistantes que la première. Les rares occasions proviennent de coups de pied arrêtés, un kamikaze grenoblois tentera bien de se jeter dans les pieds de Jean-Jacques Pierre pour obtenir un penalty mais l’arbitre n’est pas Dupe puisque c’est Thual. On est déjà à la 65ème minute - et oui comme le temps passe vite quand on n’est pas au stade – Goussé alerté en profondeur faillit profiter d’une mésentente entre Wimbée et son défenseur qui préfère suivre du regard l’attaquant nantais plutôt que le ballon. C’est à la 68ème minute que Thomas Dossevi en profite pour faire son retour à la compétition, enfin sur le terrain, remplaçant un Goussé quelque peu timoré (timoré ça veut dire 3/10, c’est moins bien que prudent qui vaut 4/10). Quelques minutes plus tard c’est Babovic qui se met en évidence en slalomant dans la défense adverse avant de placer une superbe frappe hors cadre. « Il y avait mieux à faire » comme dirait le journaliste sportif. Il cède sa place (Babovic, pas le journaliste sportif) dans la foulée à William Vainqueur, lui aussi de retour après plusieurs mois de blessure. Wimbée fera encore rempart de son corps sur une bonne frappe de Faty et un coup franc de Moullec, les visiteurs se réservant les deux dernières occasions : deux frappes à la mesure des jambes de Sharon Stone, beaucoup trop croisées.
Le FC Nantes sort sous les sifflets malgré la victoire et les 13 points d’avance sur le quatrième au classement.
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