Lundi 28 janvier 2008

ricardo-faty.jpg« …Très bien, merci Monsieur Kita, au revoir Monsieur Kita ». Michel Der Zakarian raccroche le combiné de son portable (si c'est possible).

 

-         Bon les gars, je viens de recevoir le plan de l’entraînement, va pas falloir chômer cette semaine, on reçoit Le Havre lundi prochain alors c’est pas le moment de mollir comme dirait Rocco Siffredi.

 

-         C’est qui Rocco Siffredi ? S’inquiète Bocundji Ca.

 

-         Mais qu’est ce que tu fous là toi, on t’avais pas envoyé à Tours en prêt ?

 

-         Ben si mais j’aimais pas trop.

 

-         Parce que tu crois que ça me plaît à moi d’être dirigée par une Margaret Thatcher polonaise ? Alors on fait pas toujours ce qu’on veut, tu vas me faire le plaisir de retourner là-bas hélico-presto. Ils doivent être mort d’inquiétude…

 

-         Ben non en fait c’est eux qui m’ont emmené à la gare et payé le billet de train.

 

-         Oui et bien tu vas y retourner quand même, Ricardo Faty va arriver d’une minute à l’autre, faudrait pas qu’il te voit ici, il va nous faire une scène.

 

-         Moi au début j’voulais aller à la coupe d’Afrique des nations au début mais y parait que la Guinée-Bissau c’est même pas un vrai pays. Me demande bien où c’est que j’ai été en vacances à noël.

 

-         Bon allez il faut pas rester ici monsieur, Sécurité ! Vous me le ramenez à Tours, mais vous l’abîmez pas, on en aura peut-être encore besoin dans deux ans.

 

 

 

C’est le moment que choisit Ricardo Faty pour faire son entrée. Michel Der Zakarian semble tout ignorer de cette arrivée.

 

-         Oui, c’est pour quoi ?

 

-         Ricardo Faty, mais vous pouvez m’appeler Ricardo ou Ricky.

 

-         Enchanté, Michel Der Zakarian, mais tu peux m’appeler Coach, chef ou votre altesse.

 

-         Attendez je consulte mon classeur des recrues… ah oui « Ricardo Faty, milieu défensif » Je vois marqué « prévu pour remplacer Bocundji Ca parti à Tours »

 

-         Ben non je suis encore là

 

-         Keeeewwwwa ? Je t’ai dit que j’voulais plus te voir, allez tu files à Tours.

 

-         Mais euh c’est tout gris et ça sent mauvais là-bas.

 

-         Tu préfères retourner en Guinée ?

 

-         Euh ouais nan Tours c’est pas si mal au fond.

 

-         Alors où j’en étais. Ricardo, t’étais où avant ?

 

-         A Leverkusen

 

-         Tu parles vachement bien français je trouve

 

-         Non je suis français mais j’ai été envoyé en Allemagne

 

-         Ah tiens, ça existe encore le STO ?

 

-         Non c’était un prêt de l’AS Rome

 

-         Qu’est ce qu’ils viennent foutre là-dedans les ritals ?

 

-         Et bien je leur appartiens et ils m’avaient prêté à Leverkusen.

 

-         …Et donc c’est eux qui te prêtent chez nous.

 

-         Non

 

-         Oh là j’ai du mal à suivre, de mon temps c’était plus simple les transferts, on serrait une paluche et c’était réglé. Niveau football t’en es où ?

 

-         Je me suis arrêté au tournoi de Toulon 2006.

 

-         Ah oui quand même, il s’est passé plein de choses depuis, t’as su qu’on était en Ligue 2.

 

-         Quoi ?

 

-         Euh non rien, j’te disais qu’on luttait pour la ligue 2 champions.

 

-         Ouais je connais j’ai déjà pratiqué avec Rome. On joue contre qui au prochain match ?

 

-         Le Havre.

 

-         Tiens c’est marrant ils étaient encore en deuxième division quand j’ai décroché.

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Vendredi 16 novembre 2007

fc nantes 2007 2008
Le FC Nantes est un club traditionnel et, qui dit tradition dit photo officielle, une sorte de photo de classe sauf que dans le cas qui nous intéresse, pas besoin que maman sorte les habits du dimanche, tout le monde en tenue de travail : short et maillot, sauf le grand chef, lui a droit au costume cravate, c’est même à ça qu’on le reconnaît du kiné, et aussi un peu parce qu’il a l’air le seul content d’être là. La chef de com’ du club étant malade, c’est Der Zakarian qui organise le truc :

Il est arrivé le figurant qui doit jouer Keseru ? Comment ça il est noir ? M’enfin même à la palette graphique ça va pas le faire. Ah parce qu’en plus il a une tête ronde, bon laissez tomber.

- Euh Poulard, tu vois Heinz là juste devant toi ?  ben oui  répondit l’intéressé sobrement.

- Alors tu vois que c’est pas si difficile de marquer un joueur.

- D’ailleurs Marek, ton maillot steplaît.

- Quoi qu’il a mon maillot, coach ?

- Essaye dans l’autre sens pour voir ce que ça donne. Loïc, les oreilles de lapin on va s’en passer merci. De Freitas et Thomas, quand vous aurez fini de vous bécoter, on pourra peut-être faire avancer le schmilblick.

- C’est quoi le schmilblick ?  s’enquérit Ca.

- Dis donc l’asticot, quand t’auras la moitié du talent de Kaka, tu pourras peut-être la ramener, lui fit remarquer le coach. Norbert profite alors du moment de flottement pour demander :

- Coach, est-ce que je garde mes béquilles pour la photo ?

- Oui évidemment, lui répond Der Zakarian, déjà qu’avec le maillot on aura du mal à te reconnaître… avant d’enchaîner :

- Moullec, je sais que ta position préférentielle est assise mais là je vais plutôt te mettre debout dans le fond, ça te dérange pas ?

- Non, si mon copain Thomas vient avec moi. Mais l’ancien manceau ne semble pas de cet avis :

- Mais euh, moi je reste à côté de David. En plus Moullec il sent des d’ssous d’bras.

 

Der Zakarian interrompt tout net la discussion sur le positionnement olfactif de chacun et tente maladroitement de reprendre les choses en main :

- Bon c’est qui le chef ici ?!

Tout le monde tourne machinalement la tête vers Waldemar Kita, sagement assis au premier rang, étonnamment silencieux.

- Non mais le chef de la photo je veux dire. Bon Loïc, il me semble t’avoir déjà dit d’arrêter avec les oreilles de lapin, c’est lourd à la fin, surtout qu’on vient à peine de se débarrasser de Diallo et des antennes satellites qui lui servent d’esgourdes…

- C’est quoi des satellites ?  Interroge Ca.

L’œil dans l’objectif, le coach fait le mec qu’a rien entendu et tente de faire le point.

- Marek, quand je t’ai dit dans l’autre sens, c’était plutôt dans le sens mettre le numéro derrière plutôt que sens dessus dessous. Voila, c’est bon, alors toi au fond, un peu plus par là, oui comme ça, toi… tiens d’ailleurs t’es qui toi ?

- Franck Kita, m’sieur, chui le fils du patron.

Der Zakarian interloqué : bon ok, pourquoi pas, et toi là à gauche, t’es le fils aîné je suppose ?

- Non moi c’est Kevin Das Neves, coach.

- Très bien, semble presque s’excuser le technicien, euh… et tu fais quoi ici, le ménage ? la maçonnerie ?

- Ben non je suis défenseur coach !

- Ok c’est bon tu peux rester.

Der Zakarian tente de faire oublier ce moment quelque peu embarrassant en s’en prenant à Guillon :

- Bon Loïc, j’vais te les faire bouffer tes oreilles de lapin !!!

- C’est quoi un lapin ? Demande le plus naturellement du monde Bocundji Ca.

A ce moment là on frise l’incident diplomatique Arméno-Guinéen. Le coach respire alors profondément et s’attache à détendre l’atmosphère, un poil pesante à cet instant précis :

- Pierre, t’es chiant à être aussi grand !

L’haïtien lui rétorque du tac-au-tac gagnant à vie :

- Quand on m’a fait, on a jeté le moule après.

- On a plutôt oublié de tirer la chasse, lui fît remarquer Da Rocha, tout fier de sa connerie.

Finalement la pluie s’invita à la fête, interrompant la séance et révélant que ce qu’on avait pris pour Waldemar Kita n’était en fait qu’un portrait grandeur nature en carton pâte discrètement placé là par Claude Robin, l’homme d’affaires franco-polonais n’ayant pu se libérer pour l’occasion.

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Samedi 27 octobre 2007

Un épisode où il est question du genou de Norbert, de Waldemar Kita, de kinder bueno et d’un p’tit oiseau tout mignon mais décédé.

 

Les nantais ont repris leur marche en avant, même Norbert dont le genou va plutôt bien (voir radio ci-contre),  qui vient même d’obtenir du médecin un arrêt de maladie de 15 jours. C’est un peu comme un arrêt de travail mais à l’envers, en ce moment il est en train de négocier une prolongation de contrat avec le président… et la CPAM de Nantes. Le président justement, qui était de passage à la jonelière, incognito, enfin de toute façon personne ne sait vraiment quelle tête il a en vrai, tout le monde ne l’a vu qu’en photos, en affiches 4x3m, en porte-clés, en petite boule de neige à retourner (en vente au couloir officiel du club). D’ailleurs en début de semaine, il rentre dans le vestiaire, y a Heinz qui l’interpelle : « je peux vous aider, vous chegenou-norbert.jpgrchez votre chemin monsieur ? ». Kita l’a plutôt pas trop mal pris «Non je suis en train de chercher qu’est ce qui m’a pris de recruter un tocard comme toi ». Tout le monde s’est marré dans le vestiaire, sauf Kita, en fait il était sérieux, il a le chic pour remonter le moral le chef. Et encore là il était de bonne humeur parce que le dernier qui lui a parlé comme ça il fait de la randonnée sous-marine dans le Lac Léman avec des Nike Air Lafarge.  

 

Ca a jeté un froid, du coup y a le coach qui a enchaîné, mine de rien : « Bon les gars, aujourd’hui on va bosser le jeu à la nantaise ». Tout le monde a fait des gros yeux et a blanchi d’un coup, enfin sauf Pierre, Mareval, N’Dy Assembe, Shereni, Ca, Bagayoko et Dossevi qui ont marroni. Daroch, lui il était occupé à sauter en l’air et faire des cabrioles dans tous les sens, jusqu’à ce que le coach reprenne la parole « Non j’déconne, mise en place tactique puis muscu, comme d’hab, désolé Daroch’ ce sera pour une autre fois ». Il l’a eu mauvaise quand même. Là-dessus, Kita reprend la parole « Jean-Jacques au fait, tu re-signes… », lui : « euh…et bien », « Non mais te fatigues pas, c’est pas une question mais une information ». Et Goussé d’enchaîner « Moi aussi je resigne, chef ?vestiaire.jpg », Kita le regarde fixement pendant deux secondes trois quarts, puis cherche machinalement dans sa poche droite, en sort un Kinder Bueno, l’ouvre délicatement, mange d’un seul coup la moitié de la première barre, et se casse du vestiaire sans dire un mot en faisant – très mal - le mec qu’à rien entendu.

 

L’entraînement en lui-même, un huit contre huit classique : Derzak donnant de la voix : « Moullec, muscle ton jeu » - je sais pas où il a pu aller chercher une expression aussi risible –  « Freitas et Thomas, quand je dis dur sur l’homme, c’est une image ». Voila ce que c’est de vouloir respecter les consignes à la lettre, Heinz au moins il risque pas d’avoir ce genre de désagréments. Faut dire que De Freitas et Thomas, ils s’entendent comme Cul et Chemise, Thomas et son crâne luisant, vous imaginez quel rôle il peut tenir là-dedans. Freitas, lui, il était suspendu contre Troyes, forcément Shereni ça l’a désorienté, il s’est un peu oublié. D’ailleurs depuis son carton rouge, il n’ose plus toucher personne de peur de leur faire faire trois tours sur eux-mêmes en hurlant à la mort. Pas plus tard qu’hier, pendant l’échauffement dans les sous-bois de la jonelière, on a croisé un oiseau mort, il l’a saisi entre les deux broyeurs qui lui servent de mains et s’est mis à pleurer comme un gamin, ça aurait même pu être touchant si ce n’était pas aussi ridicule.
Et, voila notre ami le petit oiseau emporté par la grande faucheuse.

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Jeudi 26 juillet 2007

Cette semaine dans la rubrique vestiaires, la causerie de Michel Der Zakarian à la mi-temps de Nantes-Guingamp, Guingamp l’emportait alors 1-0, on peut sentir l’influence de certains grands entraîneurs dans le discours.

 

 Bon les gars, il va falloir se ressaisir là, se reprendre ou on va au travers de grandes désillusions. J’vous l’dis moi. Loïc, il faut que tu muscles ton jeu, Loïc, et tes jambes aussi tant que t’y es parce que se faire passer une fois, deux fois, […], quatorze fois ça va, mais quand on commence à soupçonner les adversaires de faire un détour juste pour le plaisir de t’avoir sur leur route, Non, là je dis stop, point break, basta la nulita. Tout le monde les connais les recettes de monsieur Loïc. Et Baga, quand t’auras fini de compter scrupuleusement les glaires abandonnés sur la pelouse, tu pourras voir pour nous filer un coup de main…enfin de pied…enfin du truc qu’il y a dans tes chaussures.

 

 Au niveau de l’engagement, ça va pas du tout, on dirait des cyclistes français dans les cols des Pyrénées. Vous n’avez rien montré, je n’ai pas vu une seule cage thoracique enfoncée, pas une fracture ouverte ni le moindre doigt enfoncé dans l’œil jusqu’à  l’omoplate. Les guingampais, il faut leur rentrer dedans mais en respectant les valeurs du ballon rond et de l’école nantaise. Le une-deux s’accompagne d’un coup de coude voluptueux au niveau du foie de l’adversaire, le marquage est toujours complété par une tamponnade amicale au niveau des valseuses adverses, on n’oublie pas le geste cordial après un genou démembré. On n’est pas des bêtes.

 

 Pour la deuxième mi-temps, le maître mot c’est de LEUR MARCHER DESSUS. D’ailleurs j’en profite pour vous informer que la semaine prochaine nous aurons l’intervention d’un consultant en la personne d’Eric Di Meco, il viendra dans le cadre du séminaire « Genou : broyage et démembrement en milieu footballistique », la présence des défenseurs est obligatoire, pour les autres c’est facultatif, on vous passera la version longue de « Bastia : les guerriers de Furiani »*

 

 Les guingampais n’ont finalement emporté ce match que par 2 buts à 0.

* Bande annonce alléchante :

 

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